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Pièce en 1 acte de décès (Finir en beauté)

de Mohamed El Khatib

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Mohamed El Khatib voulait écrire un texte à partir d’entretiens réalisés avec sa mère. Le 20 février 2012, la mort interrompt tout. Sur le lit d’hôpital, sa mère l’interroge: « Pas d’opération ni rien? – Non, rien. Ils ne peuvent plus rien faire. »
L’émiettement intérieur du fils orphelin s’incarne dans un récit discontinu et composite: extraits de journaux, e-mails envoyés et reçus, messages téléphoniques, sms, bribes d’échanges avec le père, transcriptions d’enregistrements, vidéos… Le matériau intime embrasse fiction et documentaire. Ces instantanés de vie évoquent la famille, le pays, la langue maternelle, le souvenir, le deuil. À travers cette cartographie à la fois émouvante, caustique et souvent drôle, Mohamed El Khatib propose une singulière épopée autobiographique de part et d’autre de la Méditerranée.

« Ma mère a 78 ans, elle vient de dépasser l’âge qui lui permettait d’accéder à tous les jeux de société destinés aux joueurs de 7 à 77 ans. Elle a les traits tirés, le visage marqué par les années de souffrance et de bonheur, le corps usé par tant d’hospitalité, de devoir d’hospitalité. Accueillir l’autre, quand on vient des montagnes du Rif, ça a du sens.
Depuis l’hiver dernier, je suis à son chevet.
Alors je lui raconte des histoires.
Elle n’a jamais su lire, elle récitait simplement çà et là quelques versets du Coran appris par cœur lors de brefs passages à l’école coranique de Zaouia.
Elle n’a donc lu qu’un seul livre, le Livre, son Livre. Je commençais à rattraper le temps perdu, son temps littéraire et notre temps mère-fils. Je lui fais la lecture en français, certains passages en arabe et les silences, en silence, jusqu’à ce qu’elle s’endorme. »

Né en 1980 d’une mère femme de ménage et d’un père ouvrier dans une fonderie, Mohamed El Khatib est issu d’une famille marocaine de cinq enfants. Après une carrière éclair de footballeur, Mohamed El Khatib se tourne vers la sociologie. En 2008, il crée le collectif Zirlib selon le postulat suivant: l’esthétique n’est pas dépourvue de sens politique. Et c’est en 2014 qu’il affirme son geste théâtral singulier avec Finir en beauté, pièce sur la mort de sa mère et pour laquelle il obtient le grand prix de littérature dramatique en octobre 2016. En 2017, il crée C’est la vie, dont le texte est primé par l’Académie française. La même année, il fait monter sur scène 58 supporters du Racing Club de Lens pour Stadium implantant l’univers du stade dans le théâtre, ou convie le cinéaste Alain Cavalier dans Conversation. Son œuvre et son travail consistent à mêler sur scène des acteurs et des personnes non professionnelles dans un grand degré d’authenticité, pouvant se lier au travail d’artistes comme le groupe Berlin, Milo Rau, Jérôme Bel ou Michel Schweizer. Ses pièces naissent de rencontres et d’échanges, confrontant le quotidien le plus banal à une esthétique exigeante.

54 pages

L’L, 2014

ISBN 978-2-9601533-0-9

Le texte a également été publié ensuite aux éditions Les Solitaires Intempestifs sous le titre Finir en beauté.

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